
Gaule - Osisme, Statère d'électrum à la tente (Ier siècle avant J.-C.)
Trésor de Perros-Guirec (?), décembre 1933.
Electrum, 1,64 grammes, 14 mm, 11 h.
A/ Tête à droite, la chevelure composée de 3 grosses mèches en esses avec un bâton en cimier ; le champ est orné de cordons perlés partant de la chevelure.
R/ Cheval androcéphale bondissant à droite, la tête regardant vers le haut, conduit par un aurige stylisé et réduit à une tête coupée joignant le vexillum en forme de croix bouletée avec une ligne courbe ; une tente stylisée entre les jambes du cheval.
LT. Jersey 64, DT. 2213, Rennes, cf. n° 162-168.
Notre exemplaire est en bon électrum comparé à un électrum tirant sur le billon utilisé pour la plupart des quarts à la tente (dont ceux de la trouvaille de Guingamp publiée par Jean-Baptiste Colbert de Beaulieu dans la Revue Belge de Numismatique en 1956 (RBN 1956, pages 81 à 141 et planches XI à XV). L'ensemble de cette trouvaille, "une boîte contenant quelques poignées de monnaies antiques recouvertes de vert de gris", avait été légué par son inventeur, M. Le Bonner, à un ami qui la présenta à J.-B. Colbert de Beaulieu. Bien que les détails concernant sa découverte soient très limités, ce trésor de monnaies osismiennes aurait été trouvé près de Guingamp, vers 1930.
La date d'enfouissement proposée par l'auteur se situe en 56 avant notre ère, supposant que "tout dépôt homogène exhumé du territoire de la cité émettrice peut avoir été enfoui lors des premiers contacts de l'armée locale avec l'envahisseur. Celui des environs de Guingamp pourrait donc avoir été confié au sol à la fin de l'été 56 avant notre ère."
Cette trouvaille comprenait 64 statères et 190 divisions. La numérotation a été effectuée à partir des différents types, puis de leur coin d'origine. Le métal assez gris et poreux associé à la numérotation de chaque monnaie rendent facilement reconnaissables les pièces de cette trouvaille.
L'étude de ce trésor fut le prétexte à une démonstration de la "méthode charactéroscopique". Celle-ci consiste à dresser l'inventaire des coins utilisés pour frapper tel ou tel type. Puis ces couplages de coins de droit et de revers permettent "de déterminer les groupements de numéraire, c'est à dire les suites d'individus issus d'un seul et même matériel. Des statistiques concernant le nombre des monnaies et le nombre des coins représentés par elles permettent de précises indications sur le matériel et sur l'importance du monnayage. Ces données, complétées par des observations technologiques et métrologiques, nous offrent des vues remarquables sur l'activité de l'atelier monétaire des Osismes." cf. RBN. 1956, page 105-129.
Pour des exemplaires similaires, voir le n° de 304 de la vente T. Parsy de juin 2002, revendu sous le n° 151 de la vente T. Parsy du 19 mars 2020, vendu 1.600€ hors frais), ou plus récemment le lot n° 209 de la Vente aux Enchères de Toulon le 9 décembre 2020 qui contenait 1 statère et 2 quarts de statères osismes (vraisemblablement de même provenance).
Provenances :
Ce quart de statère ainsi que d'autres monnaies du même type sur le marché mentionné précédemment (statères et quarts), avec un aspect très homogène, semblent avoir une provenance commune et ancienne ; peut-être une partie du trésor de Perros-Guirec...
Pour des informations complémentaires sur cette trouvaille de 184 monnaies dont seulement 24 sont tracées avec certitude, faite vers mi-décembre 1933, cf. Notice de numismatique armoricaine, par J.-B. Colbert de Beaulieu, dans les Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, Année 1953 60-2, pages 318 à 321.
Vente Bernard Poindessault du 21 mai 2010, n° 122 dans laquelle un autre statère à la tente était proposé, issu des mêmes coins de droit et de revers que le n° 160 du musée de Rennes du trésor de Perros-Guirec.
Ci-dessous un exemplaire comparable à ceux de Guingamp, classé au XIXe siècle en Argent :
