Monnaies du LA TOUR retrouvées…

Monnaies du LA TOUR retrouvées…

Le 10/10/2025

Monnaies du LA TOUR retrouvées…

 Chacun connaît mon intérêt pour les monnaies gauloises et aussi pour la recherche de pedigrees. Ces dernières années ont réservé de belles surprises aux collectionneurs de monnaies gauloises, avec l’apparition sur le marché de drachmes à la croix gravées dans le fameux Atlas des Monnaies Gauloises, censées illustrer le Catalogue des monnaies gauloises de la Bibliothèque Nationale.

 Il convient de revenir brièvement sur l’histoire de ces deux ouvrages ; le « Catalogue des monnaies gauloises de la Bibliothèque Nationale » paru en 1889 et l’ « Atlas des monnaies gauloises » paru en 1892.

 Dès les premières pages de l’Atlas, Henri de La Tour précise qu’il « importe de ne pas considérer ce recueil comme l’Atlas du Catalogue des monnaies gauloises de la Bibliothèque nationale paru en 1889 ». Ce projet, initié par la Commission de topographie des Gaules,  remonte à 1876 et l’Atlas devait initialement être associé à deux tomes de descriptions (l’un concernant exclusivement les monnaies de la BnF et l’autre concernant les monnaies manquant à cette collection, « prises dans les collections publiques et privées de la France et de l’étranger »). Nous connaissons aujourd’hui l’Atlas et le Catalogue des monnaies gauloises de la Bibliothèque Nationale mais le second tome de description n’a jamais vu le jour.

 La richesse de la collection de la BnF fait que « les monnaies empruntées à d’autres collections sont en minorité et ne forment même que l’exception. Ainsi, sur près de deux mille monnaies figurées, à peine y en a-t-il deux cent cinquante dont les originaux aient été pris ailleurs ; encore la plupart de ces pièces se trouvent-elles au Cabinet des médailles, mais représentées par des exemplaires de moins bonne conservation. » 

Henri de La Tour, dont on connaît l’Atlas qui port son nom, ne faisait pourtant pas partie du projet initial ; Léon Dardel, le graveur, en était l’artisan guidé par Ernest Muret (chargé du classement des collections celtiques de la BnF), Anatole de Barthélemy et Charles Robert, tous deux grands amateurs de monnaies gauloises. La disparition d’E. Muret en 1884, de C. Robert en 1887, la santé défaillante de L. Dardel et l’indisponibilité de A. Barthélemy ont imposé le recours à une nouvelle personne. C’est donc à H. de la Tour que fut confiée la mission de retrouver les références des monnaies gravées et de les indiquer sur les 55 planches, alors achevées mais sans aucune indication de provenance des monnaies…

La grande majorité des monnaies illustrées étaient donc celles de la BnF, certaines regroupant parfois plusieurs numéros quand le dessin avait été réalisé à l’aide de plusieurs monnaies complémentaires, et d’autres références sont par prudence seulement suivies d’un « (?) »… Les monnaies provenant de la collection Alfred Danicourt (Musée de Péronne), de la collection Evans, de la collection Charles Robert, du Musée des Antiquités Nationales de Saint-Germain-en-Laye, ou encore de Jersey sont bien identifiées dans l’Atlas, mais l’origine de quelques autres n’a pas pu être retrouvée... H. de la Tour explique lui même que « dans les cas très exceptionnels où, après des comparaisons minutieuses et les recherches les plus complètes, il m’a été impossible de retrouver à quelle collection appartient telle monnaie, ou bien d’identifier telle autre monnaie devenue méconnaissable à cause des retouches du graveur, je renvoie, au moyen du sigle Cf., à celui des numéros du Catalogue de notre grande collection nationale qui se rapproche le plus de la pièce gravée ».

Au total, à peine une trentaine de monnaies ont une référence précédée de Cf. et la plupart sont associées à une suite de monnaies, comme par exemple les trois bronzes PIXTILOS ou le bronze VANDIINOS qui sont reconstitués à partir de plusieurs exemplaire.

D’autres sont simplement d’origine indéterminée…

Ce petit rappel historique permet de mieux comprendre qu’une dizaine de drachmes illustrées dans le La Tour sont passées sur le marché ces dernières années ;

  • certaines de la collection Charles Robert

  • d’autres de collection(s) indéterminée(s).

Les voici illustrées ci-dessous. Si vous avez connaissances d’autres exemples, n’hésitez pas à me les signaler pour compléter cette notice.

Samuel GOUET - contact@sgnum.com

PS/ l'examen attentif des fichiers ci-dessous (dessins du La Tour et visuels disponibles des originaux) permettra à chacun de constater le savoir faire et la grande minutie du graveur Léon Dardel. Il convient de préciser qu'il travailla probablement à partir de moulages et non pas directement à partir des originaux, ce qui peut expliquer certaines petites différences. Admettons qu'il est parfois plus simple de reconnaitre une monnaie à partir d'une de se gravures qu'à partir de certaines photographies imprimées...


LA TOUR Cf. 2976 dessin
LA TOUR Cf. 2976 original
LA TOUR Cf. 3300 dessin
LA TOUR Cf. 3300 original
LA TOUR Cf. 3316 dessin
LA TOUR Cf. 3316 original
LA TOUR Cf. 3342 dessin
LA TOUR Cf. 3342 original
LA TOUR Cf. 3349 dessin
LA TOUR Cf. 3349 original
LA TOUR Ch. Robert (F) dessin
LA TOUR Ch. Robert (F) original
LA TOUR Ch. Robert (G) dessin
LA TOUR Ch. Robert (G) original
LA TOUR Ch. Robert (L) dessin
LA TOUR Ch. Robert (L) original
LA TOUR Ch. Robert (N) dessin
LA TOUR Ch. Robert (N) original
LA TOUR Ch. Robert (O) dessin
LA TOUR Ch. Robert (O) original